PIERRE DE LA RUE

Pierre de La Rue (c. 1460 – 1518), contemporary of Josquin des Prés, served the Burgundian-Hapsburg court for a quarter of a century: Maximilian I (Emperor of the Holy Roman Empire), Philippe le Beau (King of Castile) and Joan of Spain (Juana La Loca), Marguerite of Austria (Regent of the Low Countries) and the Archduke Karl (future Charles V). He composed some thirty masses, seven mass fragments, thirty-seven motets, eight Magnificats, several lamentations and twenty-four secular songs.

Working with Michel Sanvoisin, Sands Films has produced a number of CD some for NAXOS classic collection and one as a completly independent venture: the Christmas album presented here:

Pierre de la Rue CD

(click on the link to be taken to Sands Films web shop where the CD can be purchased)
  

ASSOCIATION PIERRE DE LA RUE

L’association Pierre de la Rue a été créée pour faire connaître l’œuvre de ce compositeur franco-flamand (vers 1460-1518) contemporain de Josquin des Prés, qui a servi successivement pendant près d’un quart de siècle les Bourgogne-Habsbourg.

Contact : 64 rue de Turenne 75003 Paris France Tél : 33 01 48 87 33 46
e-mail : msanvoisin @ libertysurf . fr


PIERRE DE LA RUE

Pierre de la Rue est né vers 1460, probablement à Tournai. Son père Jean de la Rue était trompettiste à la Cour de Bourgogne. Dans des documents datés de 1489-1492, Peteren van Straten est ténor dans le chœur de la Chapelle de la Confraternité de Notre-Dame d’Hertogenbosch ( Bois-le Roi ). Il entra en 1492 à la Chapelle de la Cour. Les comptes de 1495 indiquent que les chanteurs, dont « Pierchon de la Rue » n’ont pas été payés depuis novembre 1492, lorsqu’ils furent engagés par l’archiduc Maximilien. Son départ d’Hertogenbosch est confirmé par les archives de la Confraternité en janvier 1493. Son patronyme Peter van Straten n’apparaît plus, mais « Peter de Vito » - Vico -, « Cantor Romanorum regis ». Straten, Vicus signifient Rue dans ces diverses langues. De 1492 jusqu’à sa retraite en 1516, il fut au service de Maximilien, Philippe le Beau, Jeanne la Folle, Marguerite d’Autriche et de l’Archiduc Charles, futur Charles Quint. Il participa aux nombreux voyages de la Cour, en particulier en Espagne en 1501-1502 et en 1505. En récompense des services rendus par le père et le fils, Philippe le Beau attribua une pension à Jean de la Rue en 1506. Marguerite d’Autriche prit Pierre de la Rue à son service à la mort de son frère en 1506. En août 1507, Jean de la Rue se présenta auprès du chapitre de la cathédrale de Courtrai avec une lettre de Marguerite excusant l’absence de Pierre qui, chanoine non résident, devait faire une visite annuelle personnelle. Un an après la mort de Philippe, Pierre de la Rue a le rang de Premier Aumônier à la Cour, « prothocapellanus » de Jeanne, reine de Castille, titre qu’il gardera peu de temps en raison de la situation chaotique qui règnait à la Cour. En 1509, dans une lettre à son père Maximilien, Marguerite demande une prébende pour Pierre de la Rue, en raison du « bon service qu’il a effectué, et des souhaits qu’il continue à exercer, pour mon frère défunt et à moi-même durant les quinze ou seize dernières années ». Le nom de Pierre de la Rue n’apparaît plus sur la liste de la Chapelle après janvier 1516. En avril de la même année, il résida au Chapitre Notre-Dame à Courtrai et y dressa son testament en juin. Il mourut le 20 novembre 1518 à Courtrai et une épigraphe indiquait sa tombe dans la chapelle Sainte-Catherine de la cathédrale Notre-Dame. Pierre de la Rue a composé trente Messes, sept fragments de Messe, vingt-quatre Motets, huit Magnificats, des Lamentations et tente-sept Chansons. Son œuvre complète a été récemment publiée en dix volumes par The American Institute of Musicology, Hänsler, verlag, Allemagne.

ACTIVITES

Concerts publics donnés par l’Ensemble Ars Antiqua de Paris, direction Michel Sanvoisin où sont programmés des œuvres de Pierre de la Rue. Enregistrements : Missa de Septem Doloribus (à 5), Missa Pascale (à 5), Pater de caelis Deus(à 6), Vexilla Regis/passio Domini(à 4), disque Naxos 8.554656 « Ars Antiqua de Paris has a beautiful sound and the voices blend seemlessly, especially in the lower voices. Conter-tenor Jean Nirouët has a strong, pure, unaffected tone. As in common in period performance these days, a single voice sings each part, giving this once regal music a quiet, personal feeling. » Tony Gualtieri Classical Music Review : New Releases Missa Puer Natus est nobis (à 4), Missa de Sancta Cruce (à 4), Magnificat tone IV (à 4), Laudate Dominum omnes gentes (à 4), disque Association Pierre de la Rue.

PROGRAMMES DONNES PAR ARS ANTIQUA DE PARIS

N°1 Laudate Dominum omnes gentes Ce motet provient d’un manuscrit unique conservé à Kassel. Il est composé librement, sans cantud firmus. Le texte est le psaume 116 dont la doxologie est appropriée à Noël. Missa Puer Natus est nobis Le modèle de cette messe est l’intrït du même nom pour la troisième messe du jour de Noël, transposé du mode mixolydien en mode dorien. Cette messe figure dans onze manuscrits du début du XVIème siècle. N°2 Absalom fili mi Ce motet a peut-être été composé pour commémorer la mort de Philippe le Beau. Il figure dans trois sources ainsi que dans une tablature de luth. Le texte est basé sur Samuel 18 :33, avec de possibles références à la Genèse 37 :35 ( « sed descendam in infernum plorans ») et Job 7 :16 (« non vivam ultra »). Quis dabit pacem Provient d’un manuscrit italien unique, ce motet est librement composé, mais il est possible que le Ténor suive un cantus prius factus.Le texte provient pour les douze premières lignes de la tragédie Hercules oetaeus de Lucius Annaeus Sénèque. Ce motet est en hommage à Laurent le Magnifique, mort en 1492. Missa pro fidelibus defunctis Elle est composée d’après le plain chant du service des morts, dans la version utilisée pour le rite de la région de Malines. Elle figure dans six manuscrits du début du XVIème siècle. Pierre de la Rue y utilise des registres vocaux très graves, de même que dans d’autres œuvres profanes et religieuses. N°3 Te decet laus C’est un motet de substitution qui ne figure que dans une seule source connue. Il remplace Deo gratias à la fin de la Missa Ave Sanctissima Maria. Missa de Septem Doloribus A cinq voix, elle figure dans cinq manuscrits d’origine bourguignonne. Elle a probablement été composée après 1497 alors que Pierre de la Rue est devenu aumônier de la Grande Chapelle de Philippe le Beau. Le cantus firmus de cette messe utilise quatre sources différentes : Dolores gloriose, Trenosa compassio, Ferit gladius. Dans l’Osanna II, il utilise le texte de l’antiphonaire que l’on retrouve dans le motet Ave Maria de Josquin des Prés. N°4 Vexilla Regis/Passio Domini Dans le mode dorien, c’est le seul motet connu de Pierre de la Rue ayant deux textes avec leur plain chant : l’hymne en l’honneur de la Sainte-Croix, écrite en 569 par Venantius Fortunatus, chantée pendant des siècles aux vêpres du dimanche de la Passion. Le contre ténor utilise deux passages des Evangiles selon Saint-Matthieu. Missa Pascale Chantée le dimanche de Pâques, elle figure dans six manuscrits d’origine bourguignonne. Six des cantus firmus sont empruntés à des offices du dimanche de Pâques : Matines, Laudes, Compline finale. Le Kyrie et le Patrem sont établis sur l’introït de Pâques. L’unité de la messe provient de la ressemblance thématique de plusieurs d’entre eux.

EDITION COMPLETE DE L’ŒUVRE DE PIERRE DE LA RUE

L’œuvre complète de Pierre de la Rue est publiée en dix volumes par The American Institute of Musicology, Hänsler Verlag Allemagne. Les éditeurs sont : Nigel St. John Davison, J. Evan Kreider et T. Herman Keahey. Le dixième volume, consacré aux chansons, est en préparation. On trouve un certain nombre de Chansons publiées par Martin Picker dans The Chansons Albums of Marguerite of Austria, University of California Press, Berkeley and Los Angeles. Abréviations : S = Soprano, C = Contre ténor, T = Ténor, Bon = Baryton, B = Basse, Bp = Basse profonde. Ut 3 = Ut sur la première ligne supplémentaire supérieure de la clé de fa, ou sur la première ligne supplémentaire inférieure de la clé de sol. Par conséquent, Ut 4 = Ut dans le troisième interligne de la clé de sol. Liste des œuvres publiées volume par volume, avec l’ambitus de chaque partie , de la note la plus grave à la plus aigüe ).

DISCOGRAPHIE

Pierre de la Rue : Requiem – Missa « Dolores gloriose recolentes » ( Missa de Septem Doloribus), Ensemble Polyphonique de Paris, Charles Ravier – Philips Trésors Classiques 641.741 LL Une fête chez Rabelais : Chansons et pièces instrumentales – Ensemble Clément Janequin, Dominique Visse – Harmonia Mundi HMC 901453 Messe l’homme armé – Requiem : Ensemble Clément Janequin, Harmonia Mundi HMC 901296 Missa Sancta dei genitrix – Missa de feria : Gothic Voices, Hyperion 84 57824 Missa cum jucunditate : Hilliard Ensemble, EMI 63 00391 Missa Alleluia : Capilla flamenca, Enfoda 14 75291 Missa l’homme armé : KP DDD 87 Requiem : Clemencic Consort, Accord Musidisc 201 212 Missa de Septem Doloribus – Missa Pascale : Ars Antiqua de Paris, Michel Sanvoisin, Naxos 8 554656 Missa Puer natus est – Magnificat tone IV – Missa de Sancta Cruce : Ars Antiqua de Paris, Michel Sanvoisin, Sands Films Londres/ Association Pierre de la Rue

PROBLEMES D’INTERPRETATION
Musique à la cour de Philippe le Beau et de Marguerite d’ Autriche Dans le chapitre III de « Music at the Courts of Philippe le Beau and Marguerite » ( The Chansons albums of Marguerite of Austria, University of California Press, Berkeley and Los Angeles ), Martin Picker écrit : « A travers les XVème et XVIème siècles la musique jouait un rôle majeur dans la vie religieuse et sociale des Cours de Bourgogne – Pays-Bas. La musique sacrée était étroitement liée aux activités quotidiennes de la chapelle de la cour – messe, heures ( principalement les vêpres ), et certains rituels, comme les services de commémoration, la solennisation des traités, les mariages etc. La musique de la chapelle était dans les mains du clergé et de chanteurs éduqués, deux groupes que l’on peut difficilement distinguer. Les membres de la chapelle de la cour cumulaient les charges de prêtre, chanteur, compositeur, chef de chœur, organiste, maître de musique et bien souvent copiste au cours de leur fonction. Le statut social élevé des clercs et des musiciens de la chapelle est reflété dans les listes dressées par le trésorier pour les salaires et les objets d’inventaire, dans lesquelles la chapelle précède toujours les autres départements. Le nom des aumôniers est habituellement précédé d’un respectueux « sire » ou « messire ». Qu’ils soient prêtres ou non, les aumôniers appartenaient à la classe privilégiée cléricale. Les principaux musiciens interprêtes et les compositeurs de la Cour avaient la fonction d’aumônier, écrivant leurs messes et leurs motets pour les services quotidiens de la chapelle, où ils participaient eux-mêmes à la formation du chœur. Les instrumentistes de la Cour, à l’exclusion de l’organiste de la chapelle, étaient attachés à la maison du souverain comme « varlets » et étaient clairement d’un rang social inférieur à celui des aumôniers. Ils pouvoyaient au divertissement et accompagnaient la danse, la chasse et les processions. A l’ occasion, lorsque la pompe et la cérémonie le demandaient, ils se joignaient au chœur de la chapelle pour jouer la musique du service divin. A leur tour, les aumôniers participaient à la vie séculière de la cour, en donnant l’instruction musicale à la noblesse et parfois même aux instrumentistes. Ils composaient des chansons pour le divertissement de la cour, ainsi qu’on le voit dans les chansonniers de Marguerite d’Autriche. Les souverains Habsbourg maintinrent l’organisation de la Chapelle de la Cour de Bourgogne comme elle fut établie en 1431 à Dijon par le duc Philippe le Bon pour chanter quotidiennement la messe « à chant et à deschant ». En 1477, à la mort de Charles le Téméraire, la chapelle comptait quarante hommes, incluant un évêque confesseur, trois autres prêtres, plusieurs aumôniers, chanteurs, divers officiers cléricaux et serviteurs et un organiste, tous, à l’exception de l’évêque, sous la direction d’un premier aumônier. Les règles traditionnelles de la chapelle établies par Philippe le Bon furent restaurées en 1515 lorsque Charles d’Autriche réorganisa sa cour à l’occasion de sa majorité. Cela signifiait que chaque jour une Grande Messe, les vêpres, complines et les offices de certains jours de fête devaient être chantés. L’une des règles stipulait qu’un motet ne pouvait pas être chanté pendant la messe, sauf par ordre exprès du monarque. Une vie musicale active à la cour est indiquée pour la période de la régence de Maximilien ( 1482 – 1493 ), et une grande partie de la restauration et de la splendeur bourguignonne est due au monarque autrichien. Mais la cour ne retrouva son éclat initial que sous le règne de Philippe le Beau, qui obtint les pleins pouvoirs en 1493, à sa quinzième année. La liste la plus ancienne des membres de la chapelle domestique de Philippe se trouve dans les comptes de la période 1492-1495. Une note indique que les vingt-cinq membres de la chapelle n’ont pas été payés « depuis le 17 novembre 1492, quand le roi des Romains les retenaient à son service, jusqu’au 30 septembre 1495 », quand ils furent transférés sur les comptes de la maison de Philippe. Parmi les aumôniers nous trouvons les noms de Nicole Mayoul, « premier aumônier », Govard Nepotis, organiste, et parmi les huit « chantres » le compositeur Pierchon de la Rue. La liste comprend deux « tenoristes », un « haut-contre » et les usuels « clercs » et servants. Les solennités religieuses de la cour de Philippe n’étaient pas célébrées dans le palais de Marguerite d’York à Malines, qui n’avait pas de chapelle, mais dans la proche paroisse Saint-Pierre et Paul, ou, dans les grandes occasions, dans l’église collégiale ( plus tard cathédrale ) de Saint-Rombaut. En ce temps, il y a deux organisations de chapelles : une « grande chapelle », qui possède les principaux musiciens, comptant quatorze aumôniers en 1496, en plus de deux « clercs » et sept servants au moins, et une « petite chapelle », consistant en six clercs, deux aumôniers et deux « sommeliers » pour la célébration des messes basses dans l’oratoire de l’archiduc qui joint ses appartements privés. La maison du souverain comprenait douze trompettistes et un tambourin, ainsi que d’autres instrumentistes comme des joueurs de sacqueboute, violes, luth et autres. Ce joueur de tambourin était bien sûr un musicien professionnel et était parfois danseur et clown également. Les archives de Malines pour 1496 et 1500 retient leurs noms : Charlis, tambourin de Marguerite et Portier ou Poertghinder, celui de Philippe. La musique séculaire ne manquait pas de considération à la cour de Philippe. En 1495, des « menestreurs » de Bruxelles jouaient « plusieurs chansons sur leurs instruments à la table princière ». En 1500 apparaît un nom important dans les listes de la chapelle ducale, Henry Bredemers, qui remplace Govard Nepotis l’organiste décédé. Bredemers était un joueur de clavier réputé. Né vers 1472, probablement à Namur, il était en 1488 choriste à la chapelle de la Confraternité de Notre-Dame à la cathédrale d’Anvers. Il devint l’organiste de la Confraternité en 1493 et fut plus tard l’organiste du grand chœur de la cathédrale. En 1500/1501 il entra au service de Philippe et fut actif comme joueur de plusieurs instruments, professeur et acheteur d’instruments pour la cour. En 1501 Philippe le rétribua pour obtenir « un grand instrument comme un manicordium » qu’il utilisa pour accompagner les messes dans son oratoire. Le compositeur Alexandre Agricola décrit comme « chappelain » et « chantre » est également mentionné dans les listes de 1500. En 1501, Philippe fit des arrangements pour voyager avec sa femme et sa cour entière en Espagne. Quinze aumôniers, incluant « Pierçon de la Rue », « Maistre Alixandre » et « Henry l’organiste », et un grand nombre d’instrumentistes ( neuf trompettistes, trois joueurs de musette, quatre joueurs de sacqueboute et deux tambourins ) prirent part au voyage. L’un des trompettistes était le fameux « Augustin Sobinger, joueur de lut et de cornet » allemand, qui joignit le chœur lors de l’exécution d’une messe à Toledo en 1502 : « Les chantres du Roy [Ferdinand] chantèrent une partie de la Messe, les chantres de monseigneur l’autre partie ; maistre Augustin joua le cornet avec les chantres de monseigneur, qui était bon à ouïr avec les chanteurs ». La cour voyagea vers l’Espagne à travers la France et retrouva la cour française à Paris en novembre 1501. Jean Molinet décrit une messe à Blois où Louis XII et Philippe assistèrent avec leurs cours : « Les chanteurs du Roi chantèrent d’une tribune, et ceux de monseigneur d’une autre, à tour de rôle, ce qui fut chose très mélodieuse. Après la Messe tous les chanteurs chantèrent ensemble le Te Deum ». En avril 1503, Philippe rendit visite à sa sœur Marguerite en Savoie lors de son voyage de retour aux Pays-Bas. A nouveau les deux chapelles princières se joignirent pour chanter la messe. A Pâques, à Villars-en-Bresse, « les chanteurs [de Philippe] et ceux du duc [de Savoie] chantèrent très bien, les uns après les autres, et maître Augustin joua son cornet avec les chanteurs, ce qui fut beau à entendre ». Philippe séjourna ensuite à la cour de son père à Innsbrück. Là, non seulement le cornettiste Augustin mais « les orgues et tous les instruments » joignirent les chœurs de Maximilien et de Philippe à la messe. Le chroniqueur de Philippe écrit que « ce fut la chose la plus mélodieuse que l’on pût entendre ». A la messe, quelques jours plus tard, « les sacqueboutes du Roi commencèrent le Graduel et jouèrent le Deo gratias et Ite missa est, et les chanteurs de monseigneur chantèrent l’Offertoire ». Ces comptes montrent la fréquence avec laquelle les musiciens des grandes chapelles étaient en contact les uns avec les autres, et que les instruments étaient employés plutôt librement avec les chœurs dans l’exécution de la musique liturgique, dans le plain-chant et dans la polyphonie. En 1504 Isabelle la Catholique mourut et Philippe devint Roi de Castille. La cour se prépara à nouveau à voyager en Espagne. Dans la liste du personnel de la maison royale emmené en octobre 1505, il y a dix neuf aumôniers, dirigés par « Nicole Mahieu [Mayoul] l’aîné ». Immédiatement sous ce nom apparaissent ceux de Marbrianus de Orto, Pierchon de la Rue, Henri Bredemercht et Alexandre Agricola. Un mois plus tard la chapelle a été augmentée à trente sept membres. Le voyage en Espagne fut entrepris au commencement de 1506, un bateau spécial fut assigné à la « chapelle chantres et chappellains ». Lors du naufrage sur les côtes anglaises, deux chanteurs, parmi d’autres, perdirent la vie. Henry VII reçut Philippe et sa cour à Windsor, et les instrumentistes des deux souverains se joignirent pour divertir leurs cours pendant un banquet. Une liste de 1506 nomme trente trois membres de la grande chapelle. Marbriano de Orto est « premier chappelain », et en supplément douze trompettistes et dix « joueulx d’instruments » figurent sur la liste. Les instrumentistes et la musique espagnole étaient écoutés à la cour de Philippe. On mentionne dans les comptes le guitariste Alonzo de Gystennier et une jeune fille jouant « plusieurs chansons » accompagnée « d’un étrange instrument espagnol » à la table du roi. En 1506, Quirini, l’ambassadeur vénitien écrit à son gouvernement que « dans ce pays, trois choses sont de la plus haute excellence : la soie…, la tapisserie… ; la troisième est la musique, que l’on peut dire parfaite ». En plus de l’inventaire des membres de la chapelle, il décrit l’organisation instrumentale de la maison : « douze trompettes de guerre, huit trombones et fifres, deux luthistes et quatre violistes ».Le 25 septembre 1506, Philippe le Beau meurt subitement à Burgos et sa cour est plongée dans la confusion. Beaucoup d’aumôniers rentrèrent chez eux. En juillet 1507 Marguerite assiste à un service en mémoire du roi Philippe dans l’église Saint-Rombaut à Malines. Jean Lemaire décrit l’exécution d’une messe solennelle de Requiem par la chapelle bourguignonne : « Les chanteurs du roi défunt, chantant de pitoyables lamentations, commencèrent l’introït du Requiem ». Moins importante que la chapelle bourguignonne, la chapelle ducale de Savoie avait un nombre substantiel de chanteurs et maintenait une tradition musicale significative. Entre 1434 et 1454 Guillaume Dufaÿ avait été son maître de chapelle. En 1503 elle comportait au moins douze chanteurs et un organiste. Ferdinand assura la régence de Castille pour sa fille Juana, et Marguerite celle des Pays-Bas pour le jeune prince Charles. En 1507 elle reconstitua la cour bourguignonne pour son neveu à Malines et établit la sienne à proximité. L’établissement musical principal des cours fut la chapelle domestique de Charles. En 1509 elle consistait en un premier aumônier, quinze chanteurs, quatre enfants choristes, un organiste, deux prêtres, un fourier, deux clercs, deux porteurs d’orgue et un copiste de musique. Le personnel était en grande partie celui de Philippe le Beau : Marbriano de Orto premier aumônier, Pierre de la Rue parmi les chanteurs et Henri Bredemers organiste. Un nouveau nom apparaît – Pierre Alamire- « escripvain et garde de livres de la chapelle ». Philippe le Beau l’avait chargé d’établir des manuscrits pour sa chapelle en 1503, et il continua à servir la cour jusqu’en 1534 comme principal scribe musical. Les archives de la cour donnent amplement la preuve de la participation habituelle d’instruments dans l’exécution de la musique polyphonique dans la chapelle. En plus des chanteurs, de l’organiste, des officiers, servants et scribe, deux « joueurs d’instruments » sont payés par Marguerite pour « avoir servi continuellement devant monseigneur dans sa chapelle, chantant et jouant tous les jours, en déchant, les Heures et le service divin ». Un document de 1512 indique le paiement de Bredemers pour avoir enseigné à Charles et à ses sœurs « l’art de la musique et de jouer de plusieurs instruments mélodieux », et en 1513 il fut payé pour avoir enseigné le tambourin aux princesses. De même un jeune homme nommé Etienne Diedeghem fut payé pour jouer des flûtes, le luth, le clavicord, l’orgue et d’autres instruments. Bredemers s’occupait aussi de la maintenance des « grandes violes » et on lui confia l’achat d’un « clavicenon ». Marguerite s’intéressa personnellement aux musiciens de sa cour et à leur travail. Elle récompensa Pierre de la Rue à plusieurs occasions, et il lui adressa plusieurs de ses compositions. Il mit au moins un de ses poèmes en musique, « Pour ung jamais ». Elle s’inquiéta de la santé de Josquin des Prés et écrivit au chapitre de Notre-Dame à Condé. La réponse, signée du « prévost, doyen et chapitre » l’assura que le prévôt Josquin des Prés était « en très bonne santé ». Pendant les dernières années, sous le règne de Marguerite, de fréquentes exécutions musicales par les résidents et par des musiciens en visite sont répertoriées dans les archives de sa cour. Exécutions purement vocales, plutôt que celles mélangeant voix et instruments, semblent avoir été plus courantes dans la période après 1515. En 1521 le chœur de Saint-Rombaut de Malines chanta pour elle à dîner, et en 1522 le chœur de garçons de Saint Donatien et de Saint Jacques de Bruges chantèrent pour elle à diverses occasions. « Chansons » et « chose faicte » ( c’est à dire res facta, ou contrepoint fleuri ) sont des termes fréquemment utilisés pour décrire le type de musique chantée. En 1527 le chœur de garçons de Notre-Dame du Sablon de Bruxelles chanta des « chansons et chose faicte » pour elle et les « chanteurs de M. [Philippe de Clèves, seigneur] de Ravestein vinrent plusieurs fois de Bruxelles à Malines pour chanter ‘chose faicte’ pour Madame ». Les chœurs des églises visitées par Marguerite préparaient souvent des exécutions spéciales pour elle, comme le fit celui de Sainte Gudule à Bruxelles en 1523. Les exécutions instrumentales étaient aucunement négligées. Les ensembles étaient normalement composés soit de hauts ou bas instruments, rarement un mélange des genres. Parmi les hauts ensembles, des quatuors formés de deux hautbois et de deux sacqueboutes ou trompettes prédominaient. Les bas ensembles comprenaient souvent un tabor. Les documents indiquent : quatre joueurs de luth, tabor et rebecs, servants du Cardinal Wolsey ; des joueurs de viole et tabor, d’autres de harpe, rebecs et tabors ; quatre joueurs de tabors, orgues et fifres employés par le prince d’Orange, etc. Une curieuse exécution de joueurs de harpe et psaltérion de Mons est parmi les nombreux nommés. Des solistes sont aussi répertoriés : un joueur de « lire » du roi d’Angleterre, et « l’organiste de monsieurs de Fiennes » jouant « un instrument appelé espinette pour [madame] à dîner. Ces musiciens étaient en visite ; en plus, ses propres chanteurs et musiciens et ceux de la cour de l’empereur jouaient régulièrement. Remond Fabri la divertissait de sa flûte et tabor ; les trompettistes de l’empereur jouaient pour elle au dîner ; son tambourin, Pico, et ses violistes jouaient pour elle. A une occasion, « maistre Henry le Liègeois, chantre de la chapelle domestique de l’empereur, chanta la Passion pour elle le Jeudi Saint ». La musique faisait partie de la vie quotidienne de la cour de Marguerite. A partir des archives nous pouvons beaucoup savoir quand et comment la musique était exécutée, et parfois par qui, mais rarement ce que cette musique était. Seuls les manuscrits préparés ou utilisés à la cour peuvent nous révéler le répertoire de ces musiciens. » MODALITE, TONALITE,MUSICA FICTA. Pierre de la Rue est à la charnière de la musique modale et de la musique tonale. L’édition moderne propose des solutions aux problèmes de la « musica ficta », c’est à dire à l’ajout d’altérations censées éviter des intervalles « interdits » et obéir à des règles farfois inapplicables. Prenons quelques exemples concrets dans les œuvres travaillées pour le concert ou le disque. D’abord bien lire le cantus firmus, et ne pas perdre de vue la ligne mélodique Dans un grand nombre de ses messes, Pierre de la Rue utilise un ou plusieurs cantus firmus d’origine grégorienne. Il s’agit là de thèmes écrits dans un mode défini. Transformer ce thème mélodique par l’adjonction d’altérations ( bémol le plus souvent ) revient à détruire le mode et à passer dans une tonalité. Etudions la Missa de Septem Doloribus : dans le Kyrie II, on trouve le mouvement mélodique si la fa naturel. Le cantus firmus PERDUCAT…qu’imitent toutes les autres voix ne possède pas de si bémol. L’éditeur suggère de l’ajouter, ainsi que dans toutes les voix en imitation, ceci pour éviter la quarte augmentée directe. On en trouve de très nombreux exemples dans l’œuvre de Pierre de la Rue ( exemple 1 de la Missa pro defunctis, où le bémol ne peut pas être ajouté au Si ) – ( exemple 2 de la Missa Pascale ) etc. A d’autres endroits de la Missa de Septem Doloribus ( exemple 3 ), il est évident que ce Si ne peut pas être bémol. Deux versions du même plain chant pourraient-ils coexister dans la même œuvre, l’ un avec un bémol, l’autre sans ? Le même problème se pose dans la Missa Puer Natus est ( exemples 4 et 5 ) ainsi que dans la Missa sine nomine I qui est dans le même mode ( exemple 6 ). Etudier les cadences finales On peut affirmer qu’il y a au moins deux périodes dans l’œuvre de Pierre de la Rue. Dans un grand nombre de ses compositions on trouve la cadence parfaite finale qui se résoud sur un accord de sixte, celle-ci étant le retard de la quinte de l’accord parfait ( exemples 7,8 et 9 ). On a la cadence non dièsée ( fa naturel dans deux voix ) et la sixte finale dans l’Osanna de la Missa Pascale ( exemple 9 ),. Ces exemples abondent ( voir aussi l’exemple 10 ). Il ne faut pas en déduire que les cadences finales doivent toutes être ainsi. Certaines aboutissent sur un unisson ou une octave, ou encore sur un accord incomplet. En cours de morceau, on trouve de nombreuses cadences en milieu de phrase, souvent suivies d’une cadence finale un peu plus loin ( exemple 11 ) du Gloria de la Missa de Septem Doloribus. Etudier les cadences très variées dans l’œuvre de Pierre de la Rue On a déjà vu que des cadences parfaites finales aboutissaient sur un accord de sixte, puis sur l’accord parfait, la sixte pouvant être considérée comme le retard de la quinte de l’accord parfait. Il est intéressant d’étudier les cadences des Magnificats et des Lamentations qui ont une écriture plus homophonique. Dans l’œuvre profane et religieuse, comparons un grand nombre de cadences afin de nous faire une opinion (exemples A ). Il est bon aussi de relever certains enchainements harmoniques qui caractérisent le style de Pierre de la Rue et qui peuvent nous paraître « étranges » ( exemples B ). Il faut enfin noter que l’on rencontre fréquemment dans son œuvre l’accord de quinte diminuée ( exemples C ). La quarte augmentée ( fa –si ) mélodique est le plus souvent évitée, ( exemple D ). Dans la cadence finale du second Kyrie de la Missa Puer natus est, la quinte diminuée mélodique mi-si bémol ne peut pas être évitée, si l’on admet le mi naturel issu du cantus firmus ( exemple A III ). En règle générale, on s’aperçoit qu’il n’est pas nécessaire d’ajouter beaucoup d’altérations supplémentaires dans les œuvres religieuses et qu’il vaut mieux rester modal plutôt que de rendre tonale une page, à grand renfort d’altérations qui entraînent souvent de nouveaux problèmes et dénaturent le cantus firmus initial. Chaque œuvre a ses propres problèmes et aucune solution définitive ne peut être proposée. La discussion reste ouverte.

EXEMPLES MUSICAUX LIENS

http://www.ensembledelarue.org Lyrichord – Pierre de la Rue http://www.britannica.com/seo/p/pierre-de-la-rue/ Rue, Pierre de la Pierre de la Rue on Hyperion Mvmc, Katalog Henry’s Eight – Pierre de la Rue Ensemble de la Rue Pierre de la Rue :Missa de Feria, Missa Sancta Dei Genitrix Classical Music Page Rue, Pierre de la ( 1460 – 1518 ) Missa Alleluia – jpc Rue, Pierre de la ( 1460 – 1518 ) Missa Sancta Dei genitrix – jpc Rue, Pierre de la ( 1460 – 1518 ) Missa l’homme arme – jpc Pierre de la Rue – Requiem & amp ; Mass Rue, Pierre de la ( 1460 – 1518 ) Missa de Septem Doloribus Beatissime Marie Virginis – jpc Henry’s Eight – Pierre de la Rue Ars Nova / Pierre de la Rue & Nicolas Gombert Composer Discography
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